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Pourquoi la CDAC?

L’avortement est souvent vu comme une problématique résolue au Canada, un sujet clos où il y a un consensus social. En réalité, toutefois, l’avortement demeure un enjeu politisé au pays : l’accès aux services demeure ardu pour bien des femmes, et les personnes qui œuvrent dans le secteur de l’avortement doivent encore se protéger contre du harcèlement anti-choix.

Beaucoup reste à faire pour améliorer l’accès à l’avortement au Canada, malgré des progrès significatifs depuis que la Cour Suprême a déclaré inconstitutionnelle la loi sur l’avortement en 1988. La CDAC veut s’assurer que les femmes peuvent exercer de façon équitable et sans entraves leur droit au service de santé que constitue l’avortement.

Le mouvement anti-choix demeure très fort et très actif au Canada, avec des ressources humaines et organisationnelles qui dépassent de loin celles du mouvement pro-choix. Plusieurs activistes anti-choix travaillent en réseau et collaborent à plusieurs offensives, notamment des tentatives pour faire réduire les fonds alloués à la pratique d’avortements, la propagation de contre-vérités au sujet de l’avortement et la promotion de lois et de politiques visant à restreindre et entraver l’accès à l’avortement. Même s’il n’y a eu, depuis l’an 2000, aucun acte grave de violence contre les cliniques d’avortement ou les intervenants du mouvement pro-choix, plusieurs formes de harcèlement se poursuivent et l’on demeure constamment en alerte face aux risques de violence.

Nous avons besoin d’une coordination nationale pour résoudre les problèmes auxquels nous faisons encore face. Des organisations pro-choix travaillent séparément aux échelons régional, local et provincial pour améliorer l’accès à l’avortement. (L’organisation nationale pro-choix qui nous a précédés, l’Association canadienne pour le droit à l’avortement (ACDA) a mis fin à ses activités.)  C’est maintenant le moment critique pour rassembler nos efforts locaux au sein d’une nouvelle coalition.

Le gouvernement Conservateur menace les droits à l’avortement. Plus de 60% du caucus Conservateur est ouvertement anti-choix: ces députés ont rendu officielle leur position en déposant ou en appuyant des projets de loi qui souhaitaient restreindre l’accès à avortement; en participant à des évènements anti-choix; en se prononçant publiquement contre l’avortement ou en faisant connaître d’autres façons leur position hostile à l’avortement. En comparaison, seulement 21% des membres du caucus Libéral se disent anti-choix, et aucun député du Bloc Québécois ni du NPD n’est connu comme opposant au libre choix. Nous croyons que la majorité de députés anti-choix et de droite du Parti conservateur – qui échappent souvent à l’attention des médias et des électeurs – représentent un grave danger pour la démocratie canadienne et pour les droits de la personne. La CDAC entend surveiller le Parti Conservateur et lui faire rendre des comptes, et elle veut travailler à sensibiliser l’électorat aux idées et aux actes de leurs députés anti-choix.

Pour plus d’information sur la disponibilité des services d’avortement, lire notre document d’information, Informations sur l’accès à l’avortement.

Pour comprendre pourquoi l’avortement est un service médical nécessaire, lire notre prise de position « L’avortement est un service médicalement nécessaire ».