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DERNIÈRES NOUVELLES DE L’ÉTRANGER À PROPOS DE L’AVORTEMENT

La ville de Mexico légalise l’avortement

L’avortement a été décriminalisé à Mexico (la capitale du Mexique) en avril, mais pas dans le pays en général. Le vote législatif a été de 46 à 19 et permet aux femmes de Mexico d'avorter sur demande jusqu’à douze semaines de gestation. Les hôpitaux doivent fournir la procédure, et les cliniques d’avortement privées peuvent aussi offrir leurs services. Les adolescentes de moins de 18 ans doivent avoir le consentement de leurs parents. La procédure serait presque gratuite pour les pauvres ou les assistées sociales qui sont résidentes de la ville. Malheureusement, sauf en cas d'urgence médicale, les femmes qui veulent avoir accès à la procédure doivent prouver leur résidence dans la ville. En dehors de la capitale, l’avortement n'est légalement autorisé que dans les cas de viol, de malformation génétique grave, ou si la vie de la femme est en danger. En outre, les avortements pratiqués après 12 semaines de gestation sont punissables de trois à six mois en prison. En dépit de ces restrictions, Mexico possède maintenant une des lois les plus progressistes en Amérique latine, après Cuba et la Guyane.

La loi municipale a aussi été améliorée de façon à assurer l’éducation sexuelle, des campagnes d'information sur les droits reproductifs et sexuels, la disponibilité des méthodes de contrôle de naissance, ainsi que des services d’avortement de qualité sur demande. Jusqu’à maintenant, on estime que quelque 800 000 avortements illégaux ont lieu chaque année au Mexique. Les femmes qui en ont les moyens financiers peuvent facilement avoir accès à des cliniques privées, tandis que les femmes plus démunies doivent s'en remettre à des méthodes artisanales ou à des non-professionnels.

Liens (en anglais):
"Mexico City legalizes abortion; defies church", April 25, Reuters, Catherine Bremer
"Mexico City law may push out abortion subculture", May 1 2007, Miami Herald, Cecilia Sanchez et Hector Tobar


L'interdiction de l’avortement par « naissance partielle » est confirmée aux É.-U.

La Cour suprême des É.-U. a confirmé la « Loi interdisant l’avortement par naissance partielle », le 18 avril 2007. Ce simulacre de justice, voté par cinq juges catholiques conservateurs, contrevient à une jurisprudence vieille de plus de 30 ans en matière d'avortement et criminalise pour la première fois un genre particulier d’avortement. Recul encore plus significatif: cette décision établit que l'adoption de restrictions au droit à l'avortement n'a pas à accommoder d'exception pour protéger la santé de la femme, mais seulement pour sauver sa vie.

Cette décision subordonne la santé de la femme au droit à la vie d’un fœtus. C'est dire que, dans la société américaine d’aujourd’hui, pour ce qui est des grossesses, la Cour suprême place l’homme en haut, les fœtus non nés en deuxième place et les femmes (et les enfants) au dernier rang. Les groupes anti-choix crient victoire parce que cette décision ouvre les portes à d’autres restrictions aux choix des femmes, et qu'elle menace l'arrêt Roe vs. Wade dans un avenir plus rapproché.

En plus d'être paternaliste et idéologiquement biaisée, cette décision repose sur une base juridique très faible. Par exemple, la loi déclare, de façon irrationnelle, que cette loi ne peut être contestée devant les tribunaux que par une femme ayant soudainement besoin de cette procédure dans une situation d’urgence. Ainsi, cette décision fait pénétrer les juges dans la salle d’opération pour faire des choix médicaux, en expulsant les médecins du processus de déterminer les meilleurs intérêts de leurs clientes. La seule juge féminine siégeant à la Cour, Madame Ruth Bader Ginsburg, a lu à haute voix du banc une opinion dissidente très marquée, appuyée par les juges Stevens, Soutern et Breyer. (Une lecture de son discours est méritée; il paraît à la page 49 de la décision.)

     

Une adolescente irlandaise gagne le droit de voyager pour un avortement

Un cas intéressant qui n’a pas attiré beaucoup d’attention en Amérique du Nord s’est déroulé en mai en Irlande. Une jeune femme de 17 ans, placée sous tutelle de la Direction des services de santé (DSS), a eu une grossesse voulue avec son ami. Mais à la 18ème semaine de gestation, elle a découvert que le fœtus avait une encéphalite et ne pourrait survivre après la naissance. La DSS lui a refusé la permission d’aller en Angleterre pour un avortement parce qu’elle était « trop jeune et sous tutelle ». (L’avortement est encore illégal en Irlande, où il y a même un amendement constitutionnel qui protège la vie dès la conception, avec « égard égal » à la vie de la femme.) La jeune femme, connue sous le nom de « Mlle. D », s'est courageusement rendue en Cour et a enduré un cirque médiatique qui a duré 10 jours. Elle a remporté devant un tribunal supérieur la permission d’aller en Angleterre, sous certaines conditions. Elle a obtenu un avortement en Angleterre une semaine plus tard.

(Pour plus de détails et un historique complet de ces événements, voir « Safe and Legal », un site pro-choix basé en Irlande.)

 

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