Une étude révèle que les « centres de grossesse d’urgence » sont trompeurs et manipulateurs

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Le 8 mars 2023 – La Coalition pour le droit à l’avortement au Canada et la BC Humanist Association ont publié une étude qui a examiné tous les sites Web des  » centres de crise de grossesse  » au Canada. L’étude s’étend sur l’étude de 2016 de la CDAC et montre que la plupart des sites Web continuent de présenter des informations erronées sur l’avortement ou les questions de santé sexuelle, et/ou omettent de divulguer leur programme anti-choix ou religieux ou le fait qu’ils ne sont pas des cliniques médicales.

Consultez l’étude ici (en anglais). (Résumé et points saillants reproduits ci-dessous) : Examen des sites Web des « centres de crise pour la grossesse » anti-choix (PDF, 117 pages)

Lisez notre communiqué de presse : Une étude révèle que les « centres de grossesse d’urgence » sont trompeurs et manipulateurs

Consultez la feuille de calcul Excel (en anglais) contenant les données brutes de tous les sites Web CPC (le fichier s’ouvre dans Excel).

Auteurs : Joyce Arthur, Annaliese Downey, Angela Katelieva, Olivia Jensen, Katelyn Mitchell, Teale N. Phelps Bondaroff. Des remerciements particuliers sont également adressés à notre équipe de 9 bénévoles dont la liste figure en page 5.

Citation de l’étude : Arthur J, and Downey A, Katelieva A, Jensen O, Mitchell K, Phelps Bondaroff TN. March 2023. Examining the Websites of Anti-Choice « Crisis Pregnancy Centres ». Abortion Rights Coalition of Canada and BC Humanist Association. (www.arcc-cdac.ca/media/crisis-pregnancy-centres/cpc-website-review-2023.pdf)

Pour plus d’informations, contactez info@arcc-cdac.ca

Certains éléments clés de l’étude sont reproduits ci-dessous pour en faciliter la consultation.

Résumé

Les organismes anti-choix qui prétendent aider les femmes enceintes se font souvent passer pour des cliniques médicales ou des centres de consultation impartiaux. L’objectif apparent de ces « centres de crise de la grossesse » (CCG) est de fournir aux femmes enceintes des informations objectives sur les options qui s’offrent à elles lorsqu’elles sont confrontées à une grossesse non désirée. Cependant, les CCG ne sont pas des établissements médicaux, la plupart sont des organismes chrétiens. Ils ne réfèrent généralement pas leurs clientes à un professionnel pour qu’elles obtiennent un avortement ou la contraception, et nombre d’entre eux diffusent des informations erronées, notamment sur l’existence d’une « détresse post-avortement », un état qui n’est pas médicalement reconnu. Ces facteurs contribuent à la stigmatisation de l’avortement et entravent la capacité des gens à prendre une décision pleinement informée en cas de grossesse non désirée. De plus, les CCG ne sont actuellement soumis à aucune réglementation au Canada.

L’objectif de cette étude était de déterminer la présence de toute tromperie ou désinformation sur les sites web des CCG canadiens, et de comparer les résultats à une étude similaire menée par la Coalition pour le droit à l’avortement au Canada (CDAC) en 2016 pour mieux comprendre les changements au fil du temps. L’étude actuelle est réalisée par la CDAC et la British Columbia Humanist Association (BCHA).

Nous avons répertorié 146 CCG à travers le Canada, en date du printemps 2022. Parmi ceux-ci, 143 avaient un site web. Étant donné que certains CCG partageaient les mêmes sites web, 110 sites web uniques ont été examinés pour déterminer ce que les centres partageaient en ligne, et pour identifier toute information erronée ou tentative de tromperie. Les résultats révèlent qu’une grande majorité des 143 CCG font l’une des choses suivantes, ou les deux, sur leurs sites web : 1) ils diffusent des informations trompeuses ou inexactes sur l’avortement, la contraception, les infections sexuellement transmissibles, l’activité sexuelle ou l’adoption ; ou 2) ils se présentent de manière trompeuse, en ne révélant pas qu’ils ne réfèrent pas pour l’avortement, ou en cachant leur position religieuse aux clients potentiels.

Compte tenu des résultats de cette étude, nous recommandons que les CCG au Canada soient réglementés afin d’améliorer la santé publique et de respecter les droits des patients en quête de soins de santé. Nous recommandons en particulier que les CCG soient tenus de divulguer leurs positions religieuses et anti-choix, qu’ils cessent de fournir des services médicaux non réglementés tels que les échographies, qu’ils ne soient pas financés par des fonds publics, qu’ils soient retirés des listes de référence utilisées par les établissements médicaux légitimes, que leur statut d’organisme de bienfaisance soit révoqué pour ceux qui jouissent de ce statut, qu’ils cessent d’enseigner l’éducation sexuelle dans les écoles publiques et qu’ils ne soient pas autorisés à faire de la publicité trompeuse en public.

Principaux résultats

Notre évaluation des 110 sites web liés à 143 CCG a révélé que :

  1. 38,5 % (55) ne contenaient pas de clause de non-responsabilité indiquant qu’ils n’aident pas à l’avortement ou à la contraception et qu’ils n’orientent pas vers ces services.
  2. 5,6 % (8) affirmaient l’existence d’un lien entre l’avortement et le cancer du sein, ce qui a été scientifiquement rejeté.
  3. 18,9 % (27) ont mentionné d’autres risques médicaux liés à l’avortement qui étaient exagérés ou non étayés scientifiquement.
  4. 75,5 % (108) ont mentionné des conséquences psychologiques négatives, principalement dans le contexte de la « détresse post-avortement », un état qui n’est pas médicalement reconnu.
  5. 11,2 % (16) ont affirmé, ou laissé entendre que la contraception artificielle n’est pas fiable.
  6. 13,9 % (20) prônent l’abstinence ou découragent les relations sexuelles en dehors du mariage.
  7. 81,8 % (117) mettent l’accent sur l’adoption ou présentent l’adoption comme une meilleure option que l’avortement.
  8. 74,1 % (106) ont montré des signes d’une perspective ou d’un programme religieux assez ouvertement, mais 15 % (16 sur 106) n’ont pas été transparents et francs quant à leurs motivations ou affiliations religieuses.
  9. 42,7 % (61) n’ont pas indiqué qu’ils n’étaient pas un établissement médical et/ou que les clients devaient consulter un médecin pour obtenir des services médicaux.
  10. 9,8 % (14) ont indiqué qu’ils offraient des services médicaux, y compris des échographies ou des tests de dépistage des ITS.
  11. 1,4 % (2) ont mentionné, promu ou offert « l’inversion de la pilule abortive », un régime médical non prouvé et potentiellement dangereux.
  12. 92,3 % (132) proposent des programmes ou des services qui ne sont pas directement liés à l’avortement, comme des cours prénataux ou parentaux, ou d’autres types d’ateliers.
  13. 16,8 % (24) ont encouragé ou exigé des clients qu’ils participent à des programmes afin d’accéder à des ressources telles que des vêtements pour bébé.

En outre :

  • Au moins 39,9 % (57) des CCG ont proposé des cours d’éducation sexuelle aux écoles, selon leurs sites web ou d’autres sources. Un autre 8,4 % (12) offrait un certain type d’éducation communautaire ou pour les jeunes, mais ne précisait pas si cela s’adressait aux écoles.
  • 93,7 % (134) des 146 CCG que nous avons identifiés avaient un statut fiscal d’organisme de bienfaisance.
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