{"id":8140,"date":"2020-07-03T12:21:33","date_gmt":"2020-07-03T16:21:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.arcc-cdac.ca\/abortion-whats-the-provincial-reality\/"},"modified":"2020-08-17T00:45:51","modified_gmt":"2020-08-17T07:45:51","slug":"abortion-whats-the-provincial-reality","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.arcc-cdac.ca\/fr\/abortion-whats-the-provincial-reality\/","title":{"rendered":"L\u2019avortement : quelle est la r\u00e9alit\u00e9 dans les provinces?"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Une br\u00e8ve le\u00e7on sur le raisonnement derri\u00e8re la restriction de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019avortement au Nouveau-Brunswick, son histoire et son caract\u00e8re inconstitutionnel.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>par Beth Lyons<\/p>\n\n\n\n<p>(Publi\u00e9 ant\u00e9rieurement sur <a href=\"http:\/\/herenb.canadaeast.com\/mn\/front\/article\/211475\">HereNB.com<\/a> le 14 f\u00e9vrier 2008)<\/p>\n\n\n\n<p>Un panneau d\u2019affichage a r\u00e9cemment suscit\u00e9 une pol\u00e9mique parce qu\u2019il montrait une femme enla\u00e7ant tendrement un ventre tr\u00e8s rond tout en \u00e9tant accompagn\u00e9 l\u2019inscription suivante : \u00ab Neuf mois. La dur\u00e9e pendant laquelle l\u2019avortement est permis au Canada. L\u2019avortement : avons-nous \u00e9t\u00e9 trop loin? \u00bb Affich\u00e9 \u00e0 la vue de tous \u00e0 Moncton et rejet\u00e9 \u00e0 Fredericton, ce panneau d\u2019affichage a suscit\u00e9 des inqui\u00e9tudes quant au bon go\u00fbt, la libert\u00e9 d\u2019expression, et le contr\u00f4le que peut avoir le priv\u00e9 sur les espaces publics. Cependant, plut\u00f4t que d\u2019aborder ces points, j\u2019aimerais r\u00e9pondre directement \u00e0 la question qui est pos\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Le panneau d\u2019affichage, affich\u00e9 \u00e0 travers le Canada, implique que les avortements sont faciles \u00e0 obtenir jusqu\u2019au moment de l\u2019accouchement. En fait, 90% des avortements canadiens ont lieu pendant le premier trimestre, les avortements tardifs \u00e9tant rares, difficiles \u00e0 obtenir, et effectu\u00e9s principalement en cas d\u2019urgence.<\/p>\n\n\n\n<p>Par contre, au Nouveau-Brunswick, il est difficile d\u2019obtenir un avortement peu importe la progression de la grossesse, car la province a l\u2019acc\u00e8s le plus restreint du pays apr\u00e8s l\u2019\u00cele-du-Prince-\u00c9douard, o\u00f9 l\u2019avortement est compl\u00e8tement inaccessible.<\/p>\n\n\n\n<p>Techniquement, il est vrai qu\u2019il n\u2019y a aucune restriction l\u00e9gale \u00e0 l\u2019avortement. En 1988, la Cour supr\u00eame a affirm\u00e9 l\u2019autonomie corporelle de la femme et a \u00e9tabli la l\u00e9galit\u00e9 de l\u2019avortement comme faisant partie du droit constitutionnel de la femme \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 : \u00ab Forcer une femme, sous la menace de sanction criminelle, \u00e0 mener le f\u0153tus \u00e0 terme, \u00e0 moins qu\u2019elle ne remplisse certains crit\u00e8res ind\u00e9pendants de ses propres priorit\u00e9s et aspirations, est une ing\u00e9rence profonde \u00e0 l\u2019\u00e9gard de son corps et donc une atteinte \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de sa personne \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette d\u00e9claration ent\u00e9rine l\u2019autod\u00e9termination de la femme au niveau de la reproduction. Afin de donner un sens \u00e0 ce droit, la Loi canadienne sur la sant\u00e9 stipule que l\u2019avortement doit \u00eatre disponible et couvert par l\u2019assurance-maladie. Apr\u00e8s tout, la l\u00e9galit\u00e9 sans l\u2019acc\u00e8s ne repr\u00e9senterait que de belles paroles.<\/p>\n\n\n\n<p>Le gouvernement du N.-B. est conscient de l\u2019importance de l\u2019acc\u00e8s \u2013 c\u2019est \u00e0 partir de cet angle que les droits des femmes ont \u00e9t\u00e9 min\u00e9s depuis presque deux d\u00e9cennies. En 1989, le gouvernement provincial a mis en pratique une politique selon laquelle tout avortement financ\u00e9 par les fonds publics devait \u00eatre jug\u00e9 n\u00e9cessaire pour des raisons m\u00e9dicales par deux m\u00e9decins, et \u00eatre effectu\u00e9 dans un h\u00f4pital par un gyn\u00e9cologue. Ces exigences sont inconstitutionnelles et, en tant que politique provinciale, n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 soumises \u00e0 un vote. De plus, seulement deux m\u00e9decins, dans des h\u00f4pitaux dont le nom n\u2019est pas divulgu\u00e9, effectuent des avortements.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceux qui ne peuvent obtenir les r\u00e9f\u00e9rences n\u00e9cessaires doivent se tourner vers la clinique Morgentaler de Fredericton, qui effectue des avortements jusqu\u2019\u00e0 la 16e semaine pour un co\u00fbt qui varie entre 550$ et 750$. Le gouvernement du N.-B., cependant, refuse de rembourser la facture, alors que toutes les autres provinces couvrent une partie des co\u00fbts des avortements faits en clinique priv\u00e9e. Le Dr Henry Morgentaler, d\u00e9fenseur des droits reproductifs de longue date et fondateur de la clinique, conteste devant les tribunaux cette politique du gouvernement du N.-B. La Couronne soutient que, parce qu\u2019il est un homme, Morgentaler n\u2019a aucun statut juridique dans un dossier qui concerne les droits reproductifs des femmes (mais puisque le gouvernement lui-m\u00eame est largement constitu\u00e9 d\u2019hommes, leur propre logique leur enl\u00e8verait le droit de limiter les droits reproductifs des femmes). Jusqu\u2019\u00e0 ce jour, la cour n\u2019a toujours pas d\u00e9cid\u00e9 si le dossier serait entendu.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019h\u00f4pital et la clinique Morgentaler ne sont pas des options envisageables pour plusieurs femmes qui recherchent un acc\u00e8s rapide et abordable \u00e0 l\u2019avortement. L\u2019inaccessibilit\u00e9 des services d\u2019avortement ne veut pas dire que les femmes ne mettent pas fin \u00e0 leurs grossesses; elles sont plut\u00f4t forc\u00e9es de le faire de mani\u00e8re risqu\u00e9e. L\u2019acc\u00e8s restreint ne fait pas que traumatiser les femmes et miner leurs droits \u2013 il les tue.<\/p>\n\n\n\n<p>Tuer. Voil\u00e0 le mot qui est au centre du d\u00e9bat, n\u2019est-ce pas? Nous nous acharnons \u00e0 d\u00e9terminer si tuer un f\u0153tus, c\u2019est tuer une personne. Plusieurs diront que oui, et ainsi les droits reproductifs des femmes se limiteraient au choix d\u2019avoir des relations sexuelles ou non, et d\u2019utiliser des m\u00e9thodes de contraception, pas plus. Nous vivons dans une culture o\u00f9 la sexualit\u00e9 est une monnaie d\u2019\u00e9change, o\u00f9 les relations peuvent \u00eatre abusives, o\u00f9 des viols sont perp\u00e9tr\u00e9s, o\u00f9 plusieurs polices d\u2019assurance-maladie de base remboursent le viagra mais pas la pilule, o\u00f9 l\u2019\u00e9ducation sexuelle se limite au dogme de l\u2019abstinence, et ainsi de suite. Les femmes tombent enceintes dans des circonstances tragiques et mondaines, mais d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, les d\u00e9cisions qui s\u2019en suivent se font de fa\u00e7on priv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 o\u00f9 se situe le d\u00e9bat : il ne s\u2019agit pas de d\u00e9cider \u00e0 quel moment la vie d\u00e9bute, mais plut\u00f4t de permettre \u00e0 chaque femme de r\u00e9pondre \u00e0 cette question par elle-m\u00eame. Il s\u2019agit de conf\u00e9rer aux femmes un droit de la personne fondamental, celui de l\u2019autod\u00e9termination. Les politiques de restriction \u00e0 l\u2019acc\u00e8s sont la preuve d\u2019une attitude paternaliste qui sugg\u00e8re que les femmes sont incapables de prendre des d\u00e9cisions par elles-m\u00eames et qu\u2019elles ne comprennent pas l\u2019importance de leur potentiel de reproduction. Il est inqui\u00e9tant de savoir que notre gouvernement ne se sent pas \u00e0 l\u2019aise avec la notion d\u2019avortement, mais qu\u2019il se sent capable de forcer les femmes \u00e0 mener des grossesses non d\u00e9sir\u00e9es \u00e0 terme. C\u2019est ce danger que la Cour supr\u00eame a reconnu et dont elle a voulu prot\u00e9ger les femmes en leur donnant le droit de choisir. Malheureusement, la misogynie du N.-B. supplante la Cour supr\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, ce panneau d\u2019affiche m\u2019offusque. Non pas \u00e0 cause de sa rh\u00e9torique anti-choix, mais parce que ses donn\u00e9es induisent en erreur.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette affiche m\u2019offusque parce qu\u2019elle tente de para\u00eetre compr\u00e9hensive en impliquant que les avortements pourraient \u00eatre raisonnables si seulement ils \u00e9taient effectu\u00e9s plus t\u00f4t dans la grossesse (un paradoxe moral assez odieux). Elle m\u2019offusque parce qu\u2019elle pr\u00e9tend poser une question tout en suscitant une r\u00e9ponse \u00e9motive en juxtaposant l\u2019\u00ab avortement \u00bb et une grossesse avanc\u00e9e. Mais plus encore, elle m\u2019offusque en s\u2019adressant \u00e0 des communaut\u00e9s d\u2019une mani\u00e8re \u00e0 la fois insultante et paternaliste, manipulatrice, et trompeuse \u2013 soit de la m\u00eame fa\u00e7on que la politique provinciale d\u2019acc\u00e8s traite les femmes du N.-B. <\/p>\n\n\n\n<p><em>Traduit par Nathalie Batraville<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une br\u00e8ve le\u00e7on sur le raisonnement derri\u00e8re la restriction de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019avortement au Nouveau-Brunswick, son histoire et son caract\u00e8re inconstitutionnel. par Beth Lyons (Publi\u00e9 ant\u00e9rieurement sur HereNB.com le 14 f\u00e9vrier 2008) Un panneau d\u2019affichage a r\u00e9cemment suscit\u00e9 une pol\u00e9mique parce qu\u2019il montrait une femme enla\u00e7ant tendrement un ventre tr\u00e8s rond tout en \u00e9tant accompagn\u00e9&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":324,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_nakedcatplugins_page_lang":"","_nakedcatplugins_page_dir":"ltr","footnotes":""},"class_list":["post-8140","page","type-page","status-publish","hentry"],"acf":{"toc_header":"","toc_header_source":{"label":"TOC Header","type":"text","formatted_value":""},"printfriendly":true,"printfriendly_source":{"label":"Show PrintFriendly Options","type":"true_false","formatted_value":true}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.arcc-cdac.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8140","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.arcc-cdac.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.arcc-cdac.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arcc-cdac.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arcc-cdac.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8140"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.arcc-cdac.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8140\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8142,"href":"https:\/\/www.arcc-cdac.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8140\/revisions\/8142"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.arcc-cdac.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8140"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}